Patricia Lavelle, professeure invitée

 

Patrícia Lavelle est professeure adjointe de théorie littéraire à l’Université pontificale catholique de Rio de Janeiro (PUC-Rio) et docteur en philosophie par l’EHESS de Paris, où elle a vécu entre 1999 et 2014. Elle a publié des essais en France et au Brésil, notamment Religion et histoire : sur le concept d’expérience chez Walter Benjamin (Cerf, « Passages », 2008), et a dirigé plusieurs ouvrages, parmi lesquels le Cahier de L’Herne consacré à Walter Benjamin, paru en 2013. En poésie, elle a publié Migalhas metacríticas (7Letras, 2017) et Bye bye Babel (7Letras, 2018). Elle a aussi organisé, avec Paulo Henriques Britto, O Nervo do poema – Antologia para Orides Fontela (Relicário, 2018)


Poétiques de la pensée théorique. A partir de Walter Benjamin

Sans être poète, Walter Benjamin pensait poétiquement – c’est Hannah Arendt qui l’affirme et son observation porte notamment sur le rôle central de la métaphore dans les constructions théoriques de l’ami intime, avec lequel elle a entretenu une longue correspondance. En effet, bien que Benjamin ne développe pas une théorie de la métaphore, il thématise à plusieurs reprises le problème de la présentation théorique dans son rapport au langage. Déjà dans son programme philosophique de 1917-1918, il reprend la critique de Hamann à la terminologie mathématique de Kant et souligne l’expression nécessairement langagière de la philosophie. Plus tard, dans la Préface épistemo-critique d’Origine du drame baroque allemand, il oppose la notion de concept à celle d’idée, identifiant cette dernière à la dimension symbolique du langage, et propose une réflexion sur les genres d’exposition philosophique. Mais il ne se contente pas de réfléchir théoriquement à ce problème qui nous renvoie aux rapports intimes (bien que parfois secrets) de la philosophie à la poésie. Il opère de manière indéniablement poétique quand, rassemblant des matériaux divers, il construit des métaphores et invente des récits qui se rapportent à des éléments conceptuels.

En effet, l’œuvre de Benjamin ne cesse de nous renvoyer de manière radicale à la question sur une poétique de la pensée théorique. C’est cette question que pose aussi Hannah Arendt dans La Vie de l’esprit, où elle s’intéresse théoriquement à la métaphore, se référant également aux recherches métaphorologiques de Hans Blumenberg. Il s’agira donc de partir de la confrontation avec l’œuvre hybride de Walter Benjamin, pour ensuite s’intéresser aux poétiques contemporaines de la pensée proposées par Arendt et par Blumenberg.

Le 30 janvier 2020 : intervention dans le cadre du séminaire « Make it new : traduire la poésie (histoire, théorie, pratique) », organisé par Nathalie Koble et Roland Béhar :

« D’une épistemologie de la traduction à la transcréation poétique. Walter Benjamin et Haroldo de Campos »

Puis séminaire en trois séances, courant février, dates et salles précisées ici ultérieurement.